Les obsèques ont eu lieu dans l'intimité de la famille,
le mercredi 6 mai 2026 au Temple protestant de Bulle.
Nous vous remercions pour vos messages et votre soutien ❤️
Simone nous a quittés le 30 avril 2026,
à l'âge de 84 ans, entourée de l'amour des siens. ❤️
Elle restera à jamais dans nos cœurs.
Il est certainement plus difficile de parler des personnes que l'on aime.
Maman, après tout ce temps, au début de ta 85e année, tu tires ta révérence. Te voilà après beaucoup de force et de courage libérée de tous tes maux.
Aujourd'hui, comme le veut la tradition, nous sommes réunis pour te présenter nos hommages. Mon cœur est bien-sûr rempli d'émotion et ma gorge bien trop serrée. Comment en quelques mots parler d'une vie tellement remplie ?
Tu as vu le jour à Vevey le 28 avril 1942, en pleine mobilisation, tu es le premier enfant de Lili et Félix Saussaz. Ton papa, mobilisé, est fier de toi ; il pose d'ailleurs en habits militaires avec ta maman sur tes premières photos.
Aînée d'une fratrie de trois enfants, avec ta sœur Yvette et ton frère Gilbert, tu as eu une enfance plus que modeste, avec des parents qui dans leur jeunesse ont déjà vécu des moments difficiles. Ton père, bien que généreux, avait de gros défauts et vous a fait subir des situations douloureuses. Très jeune, tu t'interposeras devant lui pour éviter les coups à ta maman ou à tes cadets. Malgré tout ce qu'il vous a fait vivre, tu nous l'as souvent dit, tu lui as pardonné et tu l'accompagneras d'ailleurs avec douceur jusqu'à son départ.
Grâce à Lili votre Maman, femme aimante et discrète, vous avez tous bien grandi. Te voilà une jolie jeune fille. Avec tes premiers sous, tu t'achètes une belle robe, et tu prends la pose pour une photo devant la villa Eiffel à Vevey où tes parents sont employés comme gardiens.
Après une scolarité studieuse, tu te mets rapidement au travail, souvent déjà pour aider ta famille ou tes amis. Pour l'anecdote, tu m'as raconté que toute jeune à Lucerne tu travaillais à la chaîne dans une usine de conserves pour l'armée. Avec une amie, vous écriviez des mots doux aux soldats que vous glissiez dans les boîtes avant de les fermer. Je pense que les heureux destinataires ont dû être agréablement surpris de recevoir vos messages, même si leur collation devait sûrement être avariée.
A 18 ans, tu travailles comme serveuse et on te retrouve sur une photo à Lausanne lors des obsèques du Général Guisan le 12 avril 1960.
Toujours à Lausanne, tu travailles au café de la Rotonde à la Sallaz où tu fais la connaissance de notre futur papa, Jean-Marc Morattel, jeune et beau pâtissier dont tu tomberas amoureuse.
Rapidement te voilà enceinte et le 31 juillet 1962 tu donnes naissance à une petite fille Natacha qui décède malheureusement le même jour. Votre mariage est tout de même célébré peu de temps après, le 2 octobre 1962. Puis, le besoin d'être mère étant le plus fort, tu mènes à bien deux grossesses malgré l'avis contraire des médecins. Sont nés alors deux fils, mon frère Yvan le 5 septembre 1963 et le 5 juillet 1965 celui qui ne pensait pas écrire un jour cette épitaphe.
Très jeunes, vous reprenez la confiserie de La Sallaz. Jean-Marc est doué, il fait déjà de la belle pâtisserie et tu es heureuse de diriger ce beau commerce. Tu aimes le contact et les clients t'apprécient. Tu alignes les heures de travail, un mari pas très présent, de jeunes enfants, un commerce, du personnel, tu mènes tout de front, des journées interminables, 6 jours par semaine à être partout. Tu trouves même le temps, durant cette période, de réussir brillamment un diplôme de comptable.
Quelle belle enfance pour nous ; je me souviens de l'odeur des croissants le matin ou celle des biscômes aux alentours de Noël, sans parler de Pâques où notre appartement se remplissait d'un stock impressionnant d'œufs en chocolat que tu décorais si bien.
Après des années de labeur et beaucoup de fatigue, te voilà sur un nouveau projet : un tea-room dans le nouveau bâtiment de la poste. Là aussi tu reçois dignement tes clients et le succès est au rendez-vous. Tu fais alors la connaissance de M. Maurice Klunge, expert immobilier, qui a ses bureaux dans le même immeuble. Il comprend vite que pour toi, vendre de la pâtisserie, une coupe Danemark ou un immeuble, c'est pratiquement la même chose. Tu es douée pour ça, tu parles simplement aux gens et à raison, ils te font confiance. Tu travailleras alors pour lui et tu réussiras le brevet de courtière en immobilier.
Après la séparation avec notre papa, c'est dans cette activité que tu poursuis ta carrière. Tu es douée et les affaires marchent bien. Tu fonderas d'ailleurs ta propre société immobilière Simersan SA à La Tour-de-Peilz.
A 50 ans, tu es une belle femme rayonnante, qui a bien réussi. Tes enfants sont maintenant grands et beaucoup moins présents. Il te manque alors d'être accompagnée et surtout aimée.
On dit souvent que l'Amour rend aveugle ; c'est parfois vrai. Dans ta recherche de l'âme sœur, tu tomberas sur des hommes peu recommandables qui abuseront de ta gentillesse, te prendront par les sentiments en te faisant croire à leur amour et ils finiront par t'escroquer. Amoureuse et aveuglée, tu perdras tout.
Des années bien difficiles suivront, mais malgré toutes ces épreuves, tu as toujours réussi à garder la tête hors de l'eau. Quelle force t'a permis de résister à tout ça ? C'était un mystère pour moi. Aujourd'hui je sais que c'est l'Amour pour les tiens qui t'a portée.
Tu t'occuperas également de Betty jusqu'à son décès, la dernière compagne de ton papa.
Puis tu prends le nom de Madame Simone Grim en te remariant quelques années avec Moussa. J'avoue que l'arrivée de ce beau-père, bien plus jeune que moi, a obligé mon esprit à s'élargir un peu. Au départ j'étais plein de doutes, mais en réalité il sera un bon compagnon pour toi et surtout le meilleur partenaire de jeux vidéo de tous nos enfants. Merci Moussa.
Tu as encore partagé un moment de vie avec Thierry, ce beau Français qui écrivait des poèmes, une bien belle rencontre, malheureusement il est parti quelques années avant toi.
Tu as ensuite vécu 7 ans dans ton appartement de Bulle, où tu as été indépendante grâce à l'aide des soins à domicile. Tu suivras les traitements en dialyse (3 fois par semaine). Tu confectionneras pour eux de nombreux gâteaux, très appréciés par les soignants et les autres dialysés.
Vient le moment où vivre seule n'est plus possible. La mémoire te joue malheureusement des tours et après une hospitalisation, tu acceptes finalement de rentrer au Foyer La Rose des Vents à Broc. Ce n'était pas gagné d'avance, mais grâce à une équipe de soins attentionnée qui s'occupe très gentiment de toi, tu t'y sens bien et nous sommes rassurés.
Les nombreuses années de dialyses sont là, elles t'ont bien fatiguée, ton corps ralentit et tu te nourris peu. L'équipe des soins du Foyer est exemplaire. Leur humanité, leur gentillesse, sont pour nous un grand réconfort.
Une chute finit par arriver, elle t'envoie à l'hôpital de Fribourg, ton état de santé est fragile. Les médecins nous l'expliquent, et tu prends avec tes enfants la décision de stopper les dialyses.
Nous savons alors que ton départ est proche et profitons de passer avec toi les moments qu'il nous reste.
Aujourd'hui tu es partie rejoindre toutes les personnes que tu as aimées et qui nous ont déjà quittés. Je sais que, où que tu sois, tu veilles encore sur nous.
Bravo Maman, tu as vraiment réussi ta vie. Aujourd'hui, nous tous ici présents, tes amis, ta famille, tes fils et belles-filles, tes sept petits-enfants, sommes très fiers de la plus aimante des Mamans.